Le BTP en peinture

Ulrich Wagner, artiste témoin de son temps

 

...A Paris, où il expose, ses rencontres le mènent à devenir le peintre officiel du Val-de-Grâce à l'occasion du bi-centenaire de l'hôpital militaire. Ce bâtiment historique non accessible au public l'émerveille.
     Toujours à Paris, il rencontre l'un des architecte de la Grande Bibliothèque de France. Autorisé à pénétrer sur le chantier, il peint la construction des immenses bâtiments. Il s'attarde, ému, auprès du pont Tolbiac tout proche. Construit par Eiffel et classé monument historique, celui-ci ne peut s'intégrer au gand projet, il va bientôt être démonté et reconstruit ailleurs.
     Encore plus surprenant, il accède au chantier du métro Météor à Paris. Ce métro de l'an 2000, entièrement automatisé, aura la particularité d'adapter la longueur de sa rame à l'importance du flux des voyageurs. Aux futures stations de Bercy et de La Madeleine, entre 25 et 30 mètres sous terre, Ulrich Wagner découvre la complexité du chantier. La construction de la voûte le surprend: "Comme au temps des Romains, dans le même esprit mais avec la technique d'aujourd'hui. Un fois la clé de voûte posée, on creuse jusqu'à arriver au bon niveau." Là, il reste quelques heures, une journée et revient parfois plusieurs jours de suite, se mêlant aux ouvrier dont il retiendra la vraie solidarité. Les conditions pour peindre sont difficiles: "Des engins énormes qui passent à quelques mètres, un bruit assourdissant, un changement de lumière permanent, il fait chaud, puis froid, il y a des courants d'air, de la poussière...". Comme tous, il se protège de casque, masque et casque anti-bruit. Il peint inlassablement dans les galeries, l'activité fébrile des engins, l'ardeur des soudeurs au chalumeau, le soulagement des hommes à la jointure des tunnels...

     Il faut faire vite, car "Le chantier change tous le temps, la balustrade sur laquelle je me tenais le matin, a disparu le lendemain..." ....